miércoles, 14 de febrero de 2018

MIGUEL ÁNGEL REAL



MIGUEL ÁNGEL REAL



*
No desesperes.
Al fin y al cabo
 no lo hacen los pulpos
hasta que sienten el agua
hirviente de la cazuela.

*

Con una sucesión de espasmos de ameba
quise ganarle la batalla a este minuto
pero olvidé recordarte
cómo funcionaba el microscopio.


*
Cuanto más te conozco
más pienso que el mejor animal de compañía
serían los belfos
cortados, disecados,
de un dromedario
que hubiera conocido los más vastos desiertos.

*

La inconstancia de las moscas me viene bien
para explicarte mis ganas de cambiar de aires
pero encontrando de algún modo
(obstinada, sinusoidalmente)
el camino de vuelta.


*

Me desintereso por las mareas
y dejo de creer en la responsabilidad de la luna
cuando una ofiura reseca
sobre las rocas
 me conduce a mi infancia
y a mi mezcla de fe y de miedo
en los elementos.

*

Problema:
¿Desde qué perspectiva
debemos observar un rinoceronte
para que parezca
un cordero?


*

Las huellas que borro fácilmente
-en la arena, en el tiempo, bajo las suelas de los fantasmas-.
Los gestos que olvido
-darle vueltas a la sopa con una cuchara de madera,
cambiar de velocidad en el coche,
buscar una moneda en la cartera al comprar el periódico-,
el alcohol que bebo con una rabia mecánica
-al volver a casa y enfrentarme al vacío,
cuando nadie escucha ya el chasquido de mi lengua
contra mi paladar áspero -:
todo eso es mi camuflaje de camaleón experto.



* * * * * * * * * * * * * *


Ne désespère pas.
En fin de compte
les poulpes ne le font pas non plus
tant qu'ils n'ont pas senti l'eau
bouillante de la marmite.

*

Avec une succession de spasmes d'amibe
j'ai voulu gagner la bataille contre cette minute
mais j'ai oublié de te rappeler
comment fonctionnait le microscope.

*

Plus je te connais
plus je pense
que le meilleur animal de compagnie
seraient les lèvres
coupées, empaillées,
d'un dromadaire
qui aurait connu les déserts les plus vastes.

*

La versatilité des mouches me va à merveille
pour t'expliquer mon envie de changer d'air
tout en trouvant d'une certaine manière
(obstinément, sinusoïdalement)
le chemin de retour.

*

Je me désintéresse des marées
et je cesse de croire à la responsabilité de la lune
quand une ophiure desséchée
sur les rochers
me conduit à mon enfance
et à mon mélange de foi et de peur
dans les éléments.

*


Problème:
depuis quelle perspective
devons-nous observer un rhinocéros
pour qu'il ressemble
à un agneau?

*

Les traces que j'efface facilement
-sur le sable, dans le temps, sous les semelles des fantômes -.
Les gestes que j'oublie
-remuer la soupe avec une cuiller en bois,
changer de vitesse en voiture,
chercher une pièce dans mon porte-feuille en achetant le journal-,
l'alcool que je bois avec une rage mécanique
-quand je rentre à la maison et que j'affronte le vide,
quand plus personne n'écoute le claquement de ma langue
contre mon palais rêche- :
tout ceci, c'est mon camouflage de caméléon expert.




*Del poemario inédito “Zoologías”




No hay comentarios:

Publicar un comentario